03 décembre 2007
Mon grand p'tit frère
Alors j'ai bataillé un petit moment avec ma soeur pour pouvoir mettre ce poème sur mon blog. Il y a de ça un an et demi je pense, entre mes déboires amoureux et universitaires j'ai eu quelques petits coups de blues qui attristaient ma soeur qui ne savait pas quoi faire pour me rendre mon sourire.
Elle m'a donc écrit ce poème qui est a plus belle preuve d'amour fraternel qu'elle puisse me faire (elle tient à ce que je précise que selon elle, elle n'a aucun talent).
Je tiens aussi à ajouter que cet été encore, en lisant cette lettre les larmes me montaient aux yeux et que lorsque je l'ai reçue j'ai pleuré sans discontinuer tellement cela m'a touché. Et oui un mec qui pleure ça arrive et j'en suis fier ;).
Je vous laisse donc découvrir ce texte si touchant pour moi :
Mon frère est plutôt grand
Mais c’est mon p’tit frère
Il est plutôt marrant
Et il manque pas de nerf
C’est vraiment un gars génial
Avec un cœur comme ça
En ce moment il a pas le moral
Et moi j’aime pas ça
Après chaque coup de téléphone
Je me sens toute chose
Je me dis « tu es trop conne
Tu pourrais faire quelque chose »
J’essaie pourtant à chaque fois
De lui changer les idées
Mais quand je lui parle de moi
Je sais pas trop si ça le fait
Alors mon frère je voulais te dire
Que quoi qu’il te passe dans la tête
il faut absolument te ressaisir
La vie est vraiment trop bête
J’aimerai pouvoir en faire plus
Faire disparaître tous tes soucis
Mais je ne suis qu’une petite puce
Qui en plus ne vit pas sur Paris
Alors surtout n’hésite pas
Téléphone moi, viens me voir
Mais ne reste pas comme ça
Seul à broyer du noir
La roue tourne, les temps changent
Le soleil va bientôt briller
Tu rencontreras un pt’it ange
Parce que merde tu l’as bien mérité.
Little Sister (ma p'tite grande soeur que j'aime)
Il faut aussi ajouter que depuis j'ai trouvé un p'tit ange comme vous le savez tous et qu'en effet la roue a tourné et que le soleil brille plus qu'il n'a jamais brillé pour moi.
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03 septembre 2007
Juste le temps de vivre
Juste le temps de vivre
Il a dévalé la colline
Ses pieds faisaient rouler des pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie
Il respirait l'odeur des arbres
Il respirait de tout son corps
La lumière l'accompagnait
Et lui faisait danser son ombre
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil
Les canons d'acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l'eau
Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Il s'est relevé pour sauter
Pourvu qu'ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L'a foudroyé sur l'autre rive
Le sang et l'eau se sont mêlés
Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil
Le temps de rire aux assassins
Le temps d'atteindre l'autre rive
Le temps de courir vers la femme.
Juste le temps de vivre.
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30 août 2007
Le chat
Une femme ayant sa raison,
Un chat passant parmi les livres,
Des amis en toute saison
Sans lesquels je ne peux pas vivre.
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21 janvier 2007
Si tu me payes un verre ....
Si tu me payes un verre, je n'te demand'rai pas
Où tu vas, d'où tu viens, si tu sors de cabane,
Si ta femme est jolie ou si tu n'en as pas,
Si tu traînes tout seul avec un coeur en panne.
Je ne te dirai rien, je te contemplerai.
Nous dirons quelques mots en prenant nos distances,
Nous viderons nos verres et je repartirai
Avec un peu de toi pour meubler mon silence.
Si tu me payes un verre, tu pourras si tu veux
Me raconter ta vie, en faire une épopée
En faire un opéra... J'entrerai dans ton jeu
Je saurai sans effort me mettre à ta portée
Je réinventerai des sourir' de gamin
J'en ferai des bouquets, j'en ferai des guirlandes
Je te les offrirai en te serrant la main
Il ne te reste plus qu'à passer la commande
Si tu me payes un verre, que j'aie très soif ou pas,
Je te regarderai comme on regarde un frère,
Un peu comme le Christ à son dernier repas.
Comme lui je dirai deux vérités premières :
Il faut savoir s'aimer malgré la gueul' qu'on a
Et ne jamais juger le bon ni la canaille.
Si tu me payes un verre, je ne t'en voudrai pas
De n'être rien du tout... Je ne suis rien qui vaille !
Si tu me payes un verre, on ira jusqu'au bout,
Tu seras mon ami au moins quelques secondes.
Nous referons le monde, oscillants mais debout,
Heureux de découvrir que si la terre est ronde
On est aussi ronds qu'elle et qu'on s'en porte bien.
Tu cherchais dans la foule une voix qui réponde,
Alors, paye ton verre et je paierai le mien,
Nous serons les cocus les plus heureux du monde.
Bernard Dimey
J'ai découvert ce poète par l'intermédiaire de "Mon côté punk" groupe qui a mis en musique certain de ses textes.
Il faut absolument que j'aille m'acheter un recueil de ce qu'il a pu écrire.
Ce texte a été mis en musique, et a été chanté par Serge Reggiani.
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09 janvier 2007
Romance de la luna, luna
Ca faisait longtemps que je n'avais pas mis un poème sur mon blog et horreur je me suis rendu compte que je n'en n'avais pas encore mis de Lorca donc voilà erreur réparé.
Version bilingue, l'espagnol qui est une langue que j'aimerai apprendre, je demanderai peut etre à une collègue un jour si elle connait une méthode pour que je m'y mettes. Et en français traduit par Line Amselem.
COMPLAINTE DE LA LUNE, LUNE
La lune vint à la forge
en jupe de tubéreuse
et l'enfant ouvrit sur elle,
ouvrit, ouvrit ses grands yeux.
Dans l'air tout ému, la lune
bouge ses bras et ses mains
en montrant, lubrique et pure,
ses deux seins de dur étain.
Va-t-en lune, lune, lune.
S'ils arrivaient, les Gitans
feraient de ton coeur parure
d'anneaux et de colliers blancs.
Petit, laisse-moi danser.
Lorsque les Gitans viendront
tes jolis yeux seront clos,
sur l'enclume ils te verront.
Va-t-en lune, lune, lune,
je les entends galoper
Petit, ne marche pas sur
ma blancher amidonnée.
Le cavalier traversait
la plaine, tambourinaire,
et dans la forge l'enfant
avait fermé les paupières.
Au milieu des oliviers
les Gitans de bronze et rêve
ont la tête relevée
et leurs yeux sont entrouverts.
Comme chante sur son arbre
Oh! Chante le chat-huant,
dans le ciel passe la lune
tenant la main d'un enfant.
Les Gitans dedansla forge
poussent des cris en pleurant
et le vent la veille, la veille,
la veillent l'air et le vent.
ROMANCE DE LA LUNA, LUNA
La luna vino a la fragua
con su polison de nardos.
El niño la mira, mira.
El niño la esta mirando.
En el aire conmovido
mueve la luna sus brazos
y ensena, lubrica y pura,
sus senos de duro estano
Huye luna, luna, luna.
Si vinieran los gitanos,
habrian con tu corazon
collares y anillos blancos.
Niño, dejame que baile.
Cuando vengan los gitanos,
te encontraran sobre el Yunque
con los ojos cerrados.
Huye luna, luna, luna,
que ya siento sus caballos.
Niño, dejame, so pises
mi blancor almidonado.
El jinete se acercaba
tocando el tambor del llano.
Dentro de la fragua el niño
tiene los ojos cerrados.
Por el olivar venian,
bronce y sueno, los gitanos.
Las cabezas levantadas
y los ojos entornados.
Como canta la zumaya,
! ay, como canta en el arbol!
Por el cielo va la luna
con un niño de la mano.
Dentro de la fragua lloran,
dando gritos, los gitanos.
El aire la vela, vela.
El aire la esta velando.
Federico Garcia Lorca
23:30 Publié dans Véritables poèmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 octobre 2006
La Poésie
Et ce fut à cet âge... La poésie
vint me chercher. Je ne sais pas, je ne sais d'où
elle surgit, de l'hiver ou du fleuve.
Je ne sais ni comment ni quand,
non, ce n'étaient pas des voix, ce n'étaient pas
des mots, ni le silence:
d'une rue elle me hélait,
des branches de la nuit,
soudain parmi les autres,
parmi des feux violents
ou dans le retour solitaire,
sans visage elle était là
et me touchait.
Je ne savais que dire, ma bouche
ne savait pas
nommer,
mes yeux étaient aveugles,
et quelque chose cognait dans mon âme,
fièvre ou ailes perdues,
je me formai seul peu à peu,
déchiffrant
cette brûlure,
et j'écrivis la première ligne confuse,
confuse, sans corps, pure
ânerie,
pur savoir
de celui-là qui ne sait rien,
et je vis tout à coup
le ciel
égrené
et ouvert,
des planètes,
des plantations vibrantes,
l'ombre perforée,
criblée
de flèches, de feu et de fleurs,
la nuit qui roule et qui écrase, l'univers.
Et moi, infime créature,
grisé par le grand vide
constellé,
à l'instar, à l'image
du mystère,
je me sentis pure partie
de l'abîme,
je roulai avec les étoiles,
mon coeur se dénoua dans le vent.
La Poesía
a buscarme. No sé, no sé de dónde
salió, de invierno o río.
No sé cómo ni cuándo,
no, no eran voces, no eran
palabras, ni silencio,
pero desde una calle me llamaba,
desde las ramas de la noche,
de pronto entre los otros,
entre fuegos violentos
o regresando solo,
allí estaba sin rostro
y me tocaba.
Yo no sabía qué decir, mi boca
no sabía
nombrar,
mis ojos eran ciegos,
y algo golpeaba en mi alma,
fiebre o alas perdidas,
y me fui haciendo solo,
descifrando
aquella quemadura,
y escribí la primera línea vaga,
vaga, sin cuerpo, pura
tontería,
pura sabiduría
del que no sabe nada
y vi de pronto
el cielo
desgranado
y abierto,
planetas,
plantaciones palpitantes,
la sombra perforada,
acribillada
por flechas, fuego y flores,
la noche arrolladora, el universo.
Y yo, mínimo ser,
ebrio del gran vacío
constelado,
a semejanza, a imagen
del misterio,
me sentí parte pura
del abismo,
rodé con las estrellas,
mi corazón se desató en el viento.
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28 juillet 2006
Court mais joli
s'élèvent au dessus des montagnes
Les grands rochers m'ont dit Mais tu viens parmi nous
N'as-tu pas sur la terre un coeur qui te conforte
J'ai secoué la tête et j'ai répondu Morte
Les grands rochers muets se sont mis à genoux
07:15 Publié dans Véritables poèmes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20 juillet 2006
Terre
Premier véritable poème je ne pouvais faire autrement que de commencer par Desnos.
Un jour après un jour,
Une vague après une vague.
Où vas-tu? Où allez-vous?
Terre meurtrie par tant d'hommes errants!
Terre enrichie par les cadavres de tant d'hommes.
Mais la terre c'est nous,
Nous ne sommes pas sur elle
Mais en elle depuis toujours.
Robert Desnos. Etat de veille.
16:42 Publié dans Véritables poèmes | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

